Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 11:47


Du matin au soir, la présence de la nuit qui plane, enveloppe la terre de son ombre. Le jour ne se décide pas à se lever. Le bruit de l’eau sur les vitres. Le sifflement du vent dans les huisseries. Le vent qui, même loin des côtes, souffle, échevèle les arbres, casse les branches les plus fragiles dans une sarabande sinistre. Valse macabre des nuages noirs, dégringolade de l’eau sur les pentes.

Au loin, upoint jaune au travers du mur de la pluie. Peut-être la lumière tremblotante d’une maison, l’espoir d’un refuge. Le ciré d’un homme qui défie les éléments. Ou la lampe d’une femme qui conjure le sort. Comment savoir quand le brouillard brouille, estompe les contours et les distances. Atmosphère étrange des jours de tempête.

Tout à coup, l’éclaircie. Les couleurs apparaissent lavées. La lumière purifiée.

Par Eve - Publié dans : Evènement
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Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 15:59

 

                           La Baie de Marigot  


 

Marigot,

Je me traîne, j'avance dans la ville, le long des trottoirs accidentés, ébréchés, j'avance, je ne vois rien.

J'évite une flaque d'eau, le goutte à goutte d'une climatisation, les trous et les nid de poule.

Je slalome entre les quatre-quatre, les motos pétaradantes, les touristes obèses en maraude et les tables désertées des bars.

J'avance dans la chaleur de la ville qui exhale ses odeurs de transpiration, ses relents d'égout. Je suis perdue dans une tour de Babel où toutes les langues se parlent, bribes d'espagnol, accents américain, tonalité d’anglais émaillé de français.

J'avance entre maisons créoles aux couleurs tendres, immeubles vétustes rongés par le sel et la crasse, magasins de luxe perdus au milieu du chaos ambiant. J'avance entre ombre et soleil.

J'avance et n'en puis plus de ce marigot où je me perds, me noie, véritable cloaque où je m'enlise. J'avance et ne vois rien.

Mais, au bout du chemin, la lumière sur le lagon bleu turquoise.

Le cimetière en bord de mer,

Les morts qui veillent sur les vivants.

 

Ecrire, une marche dans le monde

Ecrire, une pause. Vol du papillon entre la veille et le sommeil.   

 Cimetière Marigot

Saint-Martin.  Novembre 2011

 

Par Eve - Publié dans : Poésie - Communauté : L'âme du poète
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Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 17:08

 

 

 

     La City   

 

 

La pluie tombe et nous réduit au silence.

Singapour on line, climat équatorial, chaud et humide.

Un coup de vent. Siffle entre les tours, s’amplifie. Impressionne. Amène la pluie qui progresse tel un train dans le désert. Tout à coup, elle est là, rideau qui enferme le paysage et le cache à nos yeux. L’orage gronde, les éclairs illuminent le ciel, symphonie rythmée par le martèlement de l’eau sur les vitres. En l’espace d’une heure, un véritable concert nous est offert qui va decrescendo pour s’arrêter brutalement. Dans le lointain, quelques roulements de tonnerre. Puis, plus rien. Deux heures après, tout est oublié. La vie reprend son cours ordinaire. Chaleur et humidité.

Par Eve - Publié dans : Voyage
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Dimanche 27 novembre 2011 7 27 /11 /Nov /2011 16:10

Anguilla,

 

Anguilla - Article

 

Anguille longue et fine, qui se faufile, glisse et jamais ne se laisse surprendre. Ainsi Anguilla nous est-elle apparue un matin. Après Saint-Martin, trapue et massive, rocheuse et secrète, tout semble facile sur cette île à fleur de peau. Pas de hauteurs inaccessibles, de criques isolées, de rochers escarpés. Rien n’est fait pour le secret. Tout semble lisse et clair, comme ces plages de sable blanc aux eaux turquoise, écrasées de soleil, où nul ne peut se dissimuler ou rechercher l’ombre. Un livre à lire à visage découvert.


Anguilla,


Aiguille qu’on évite de crainte de se faire piquer. Dure, étincelante, elle est le métal que rien ne peut faire plier. Ignorée, malaimée, pareille à un alliage qu’on ne peut corrompre, elle ne se laisse dicter sa loi et surprend ceux qui la méconnaissent. A la fois tendre et chaleureuse. Inoxydable et froide.


Anguilla, surprenante séductrice. Accessible huitre plate ouverte à tous. Hostile os de sèche blanc et désert. Qui es-tu vraiment ?

Es-tu l’île à l’apparente rusticité ? Abandonnée par une métropole lointaine, tu sembles vivre avec un demi-siècle de retard. Maisons en bois de style créole, vaches isolées, troupeaux de chèvre divaguant. Barques des pêcheurs rentrant au port à la voile. Brun, rose des étangs salés effleurant légèrement les plages tropicales préservées. Tu es l’île du sous-développement durable. Est-il possible que tu sois épargnée ?

Les prémices d’un changement sont là, comme une gale qui insidieusement grossit et étouffe. Certaines de tes côtes accueillent déjà hôtels de luxe, restaurants gastronomiques, avec leur lot de touristes goûtant au plaisir de tes eaux, mollement allongés sous des parasols multicolores. Tu accueilles bateaux bruyants et paquebots ivres. Tu es encore humaine mais pour combien de temps ?

Est-ce donc cela vivre ?


Par Eve - Publié dans : Voyage
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Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 17:23

 

Marigot

Seule sur une plage,

seule parmi les anfractuosités des rochers, petites criques naturelles accessibles par le regard. La plage, creusée par une mer impitoyable, dépossédée de son sable. L’eau aux couleurs profondes de turquoise et d’outremer sur laquelle se dressent fièrement les silhouettes blanches des bateaux au mouillage. Le ciel changeant caractéristique des pays tropicaux, indécis entre pluie et soleil.

Seule,  esquisse, floue, comme une image brouillée, forme indistincte, qu’on devine à peine dans ce monde de couleurs et de contrastes. Tant de beauté dans la grisaille quotidienne. Et le monde qui n’en finit pas de se battre, de s’affronter, de se faire mal comme si  tant de couleurs, de chaleur incitait à la violence.


Gingerbread

 

Qui suis-je pour mériter un tel spectacle ? Femme des pays tempérés où l’on ne connait que des gris fanés, des roses tendres et des bleus pastel, la douce déclinaison des saisons, une telle profusion de couleurs ne cesse de me surprendre. Je ne m’en lasserai jamais. J’aimerais être peintre, poète, photographe pour emprisonner une couleur, un coucher de soleil, un reflet sur la mer, une atmosphère particulière.

Mais mettre en boite une lumière, une fragrance fugace, une sensation insaisissable. Vouloir tout garder, ranger, étiqueter, cataloguer pour un jour possible. Un autre ailleurs. Posséder pour ne pas être démuni et se souvenir. Cela ne se peut.  Rien ne pourra restituer le moment vécu, un présent qui deviendra passé et perdra de sa force.  La boite aux trésors sera reléguée dans le coin poussiéreux des souvenirs flétris.

Alors je contemple désespérément le paysage qui s’offre à moi. Ce  sera ma richesse, mon histoire  qui ne se dit pas. Impalpable. Inaccessible. 

 

Pointe des Oiseaux

Par Eve - Publié dans : Littérature
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